19 bis route de Nantes… La salle de l'Amicale en 2002, quelques mois avant sa démolition.
Pont-Péan, 1987
Georges Beauplet et son épouse Odette
Version "papier" de cet article dans le bulletin municipal de Pont-Péan de novembre-décembre 2012.
L'école agrandie en 1957
Deux ans avant le départ de Georges Beauplet, de nouvelles classes sont construites dans le prolongement des premiers bâtiments, ainsi qu'une cantine.
Les joueurs de l'USPP à l'école
Averti de sa nomination à l'école publique de Pont-Péan, Georges Beauplet vient y effectuer une première visite en août 1945. Il rencontre alors Joseph Cambert, le maire de Saint-Erblon, qui lui propose aussitôt de participer au fonctionnement de l'USPP (l'Union Sportive Pont-Péannaise). Fort de son expérience de footballeur dans l'équipe de Saint-Georges-de-Reintembault avant la guerre, Georges Beauplet accepte sans hésiter et prend contact avec les joueurs, peu après son installation à l'école. MM. Bertier et Dufeil lui apportent une aide précieuse. Chaque mardi soir, il réunit les équipes dans sa classe pour la préparation des matchs. Le dimanche, il est toujours présent sur les terrains. Le camion du charbonnier, M. Feuvrel, sert au déplacement des équipes mais quelques joueurs habitent Rennes et c'est Georges Beauplet qui en assure le ramassage dans sa voiture.
En 1948, pour animer le nouveau local, Georges Beauplet incite les parents à s'unir au sein d'une association, "l'Amicale laïque". Le bureau comprend M. Cambert, président, M. Dufeil, vice-président, M. Loison, trésorier, M. Chuinard, trésorier-adjoint et M. Baudrillard, secrétaire. Une manifestation a lieu chaque samedi, ou presque, dans la salle de l'Amicale. M. Pillet, l'instituteur qui y enseigne, doit à chaque fois sortir tous les pupitres de sa classe et démonter une grande cloison. Le dimanche soir, parfois très tard, il remet en place le mobilier scolaire pour accueillir ses élèves le lundi matin. Les bénéfices des bals, séances de cinéma et de théâtre vont alors alimenter la caisse de l'Amicale et permettre à l'école d'acheter les cadeaux de Noël et les livres de prix.
Théâtre
L'activité principale de l'Amicale est le théâtre. Pour la mise en place des pièces, Georges Beauplet reçoit l'aide d'autres instituteurs, MM. Pillet et Faujour, ainsi que Mme Van Vlierberghe, qui prennent vite plaisir à monter eux-mêmes sur les planches. Mais l'acteur le plus talentueux de la troupe est M. Thoreux qui travaille à Rennes et qui, de retour chez lui, répète inlassablement ses textes devant un grand miroir afin de peaufiner la tenue de ses rôles. Sa fille Antoinette s'en amuse dans un article qu'elle écrit pour le journal scolaire, "L'école du bonheur". Le public pontpéannais découvre ainsi les comédies d'Eugène Labiche, comme "Le voyage de Monsieur Perrichon" et "La cagnotte", ou de Tristan Bernard, comme "L'anglais tel qu'on le parle"…
De passage à Pont-Péan en 1987, Georges Beauplet se remémore ses multiples occupations : "Footbal, théâtre, cinéma, bals et fêtes diverses ne nous laissèrent aucun répit. La classe et les œuvres nous faisaient connaître des semaines de soixante heures. Nous vivions pleinement."
La salle de l'Amicale laïque
L'idée de disposer à Pont-Péan d'une salle adaptée aux spectacles et aux loisirs populaires germe à l'école, à l'occasion d'une fête de Noël. Tous les élèves y participent et se succèdent dans la classe exiguë de Georges Beauplet, où l'estrade tient lieu de scène. Le maire et quelques conseillers y assistent et expriment leur "regret de voir une telle fête se dérouler en vase clos". Dès lors, la construction d'un local plus adéquat devient l'un des objectifs de la municipalité. La grande baraque polyvalente que montent les parents d'élèves en 1947 est inaugurée le 7 décembre en présence de l'inspecteur de l'Éducation nationale.
Le parcours militant de Georges Beauplet
Sur son agenda déjà bien rempli, Georges Beauplet trouve encore des créneaux pour ses activités militantes. Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI (Syndicat National des Instituteurs), il devient secrétaire général de la section en 1954 et 1955. Il participe aussi à la vie politique, adhérant d'abord à la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière), puis au PSA (Parti Socialiste Autonome) dont il est secrétaire fédéral adjoint. Il quitte Pont-Péan en 1959, remplacé par Jacques Gourdais, et prend la direction de l'école Louis Volclair, à Rennes. Il entre alors à la direction fédérale du PSU (Parti Socialiste Unifié) où il est chargé des dossiers de l'enseignement et de la formation de 1960 à 1967. Aux élections municipales de 1965, il figure sur la liste présentée à Rennes par l'union des gauches. La fin du parcours militant de Georges Beauplet semble coïncider avec son départ en retraite, après dix années passées à l'école Louis Volclair. Il meurt à Rennes le 13 mars 1996. Odette, sa seconde épouse, décèdera le 19 juin 2014, à l'âge de cent ans.
La fin d'une époque
Dans les années soixante-dix, en signe de gratitude pour l'ancien président, la salle de l'Amicale est nommée "Salle Cambert". Elle sert longtemps de lieu de rencontre pour des fêtes familiales puis, inutilisée pour cause de vétusté, elle est cédée à la commune en 2002. En 2003, la salle est démolie.
Cinéma
Lors des séances de cinéma, M. Loison joue le rôle de projectionniste. Soucieux du confort des spectateurs, il fabrique lui-même des bancs à dossier.
Le projecteur et les films sont empruntés à la FOL de Rennes (Fédération des œuvres laïques).