Un manuscrit de Christophe-Paul de Robien
Bibliothèque de Rennes Métropole
Un épi de faîtage en terre cuite, créé par les potiers de Fontenay dans la seconde moitié du XVIIe siècle et portant encore des traces de vernis plombifère.
Il était placé sur un toit du hameau de La Croix, à Pont-Péan.
Extrait d'un manuscrit de Christophe-Paul de Robien.
De l'argile et du plomb
Dès le XIe siècle, la présence d’argile permet le développement de la poterie à Chartres-de-Bretagne. Un artisanat céramique s’y implante alors au village de Fontenay. Il s’y maintiendra jusqu’au début du XXe siècle. Or, pour vernir leurs ouvrages, les potiers de terre ont besoin de plomb et un filon de galène affleure à Pont-Péan, non loin de leurs ateliers. Un siècle s’écoule entre la découverte présumée de la mine, sous le règne de Louis XIII, et sa première mise en exploitation régulière, sous celui de Louis XV. Mais l’affleurement du filon est connu, depuis déjà longtemps, des potiers de Fontenay qui viennent s’y approvisionner en minerai jusqu’en 1730.
Les potiers de terre utilisent, sous le nom d’alquifoux, de la galène pure qu’ils réduisent en poudre pour la délayer dans de l’eau et en revêtir leurs ouvrages. Ensuite, sous l’action de la chaleur d’un four, l’alquifoux forme à la surface de la terre cuite un enduit imperméable, lisse et brillant, appelé vernis ou glaçure.
Christophe-Paul de Robien (1698-1756), baron de Kaër et vicomte de Plaintel, est un parlementaire rennais, collectionneur, naturaliste, historien et archéologue. Sa réputation de savant n'est pas seulement provinciale puisque, le 20 février 1755, il est admis comme membre étranger à l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Berlin.
Il est l'auteur de trois écrits scientifiques, dont la Description historique, topographique et naturelle de la Bretagne, un inventaire des ressources de la province qu'il rédige en grande partie de 1727 à 1737. Il y décrit la mine de Pont-Péan à ses débuts, en six pages manuscrites où il souligne que les potiers de Fontenai [sic] s'en servaient déjà auparavant pour vernir leurs ouvrages.