Le 21 novembre, deux ouvriers sont mortellement brûlés par suite de la rupture d'un boulon sur une chaudière. De plus, l'un d'entre eux est frappé par un wagonnet violemment soulevé par la puissance du jet de vapeur.
Le 5 mars, Louis LAGADEC, mineur de 34 ans, né à Poullaouen et demeurant au Bas Luzard en Saint-Erblon, est grièvement blessé par l'explosion prématurée d'un coup de mine qu'il était en train de bourrer. Le 25 mars, il décèdera des suites de ses blessures à l'hôpital Napoléon III de Rennes.
Le 18 septembre, Julien-Jean FROGERAIS, mineur de 50 ans demeurant au Plessix en Orgères, est tué par un éboulement dans le chantier d'abattage où il travaille, au puits du Midi.
Le 7 août, Jean-Baptiste MESSU, ouvrier mineur de 34 ans demeurant à Cottereuil en Saint-Erblon, sort la tête de la cage avant qu'elle soit arrêtée. Il est pris entre celle-ci et les plaques du 37e niveau et tué sur le coup.
Le 18 octobre, Joseph Pierre NICOUL, ouvrier mineur de 18 ans demeurant au Clos Renault en Bruz, est probablement pris d'une faiblesse. Il s'affaisse sur la plate-forme du puits et passe entre le garde-fou du pont et les montants du chevalement. Il tombe sur la tête d'une hauteur de 9 mètres et ne survit que quelques minutes à cette chute. Relevant d'une grave maladie, il avait voulu reprendre son travail malgré les conseils des médecins.
Le 7 juin, Henri GARNIER, ouvrier boiseur de 48 ans, demeurant à Bellevue en Bruz, est tué accidentellement.
Le 2 juillet, Julien PITOIS, ouvrier boiseur de 18 ans, demeurant à l'Orguenais en Bruz, est en train de boiser la cheminée du 46e niveau. Il frappe avec sa hache sur les morceaux de bois lorsqu'un amas de minerai s'abat sur lui et l'ensevelit. Son corps broyé n'est retiré que tard dans la nuit.
Le 14 décembre, un courant d'air provoqué par la vitesse d'une machine fait tomber une planche sur une courroie de transmission. Elle est renvoyée au visage de Pierre GAUTHIER, ouvrier de 38 ans demeurant à la Chaussairie en Bruz, le blessant grièvement sans toutefois mettre sa vie en danger.
Le 11 juillet, Jean Louis CADIOU, boiseur de 34 ans demeurant à Pont-Péan, tombe alors qu’il débouche une cheminée de prise d’air. Il est retiré mort, couvert d’une couche de minerai.
Le 7 novembre, Eugène LEGAULT, manœuvre de 48 ans demeurant à Bruz, travaille dans une galerie au moment où descend une benne chargée d’ouvriers. Comme il se trouve sous la benne, et qu’il ne peut se dégager, il crie à ses camarades d’arrêter. Mais ils ne l’entendent pas et la benne fait tomber l’ouvrier cinquante mètres plus bas avant de l’écraser.
Le 8 janvier, Pierre JAMBU, mineur de 42 ans demeurant à Saint-Armel en Bruz, place des planches dans la cheminée d’ascension quand il perd l’équilibre et chute d’une hauteur de 50 mètres. Relevé grièvement blessé, il est d’abord transporté dans les bureaux, où l’on fait venir en hâte un médecin et un prêtre. Il est ensuite porté à son domicile, où il décèdera le 10 janvier.
Le 9 décembre, Pierre FAUCHEUX, manœuvre de 17 ans demeurant chez ses parents au Champ de Foire en Laillé, conduit un wagonnet de vase de la laverie sur la butte lorsqu’en passant à un changement de voie le wagonnet déraille, se renverse sur lui et lui brise une jambe. Aussitôt dégagé, il est conduit dans les bureaux pendant que l’on prévient son père, qui travaille aussi à la mine, et que l’on prépare la voiture qui va le conduire à l’hôpital de Rennes.
Le 24 octobre, des ouvriers doivent faire exploser une mine dans la taille sud. Ils chargent la mine, allument la mèche et courent se mettre à l’abri. Une formidable explosion retentit alors, accompagnée d’une épaisse fumée. Cinq minutes plus tard, un bruit sourd se fait entendre dans un chantier voisin où travaillent Joseph ROUILLER, 26 ans, demeurant à Cottereuil en Orgères, François MICHEL, 40 ans, demeurant au Champ de Foire en Laillé, et Joseph CLERMONT, 23 ans, demeurant au Ruel en Laillé. L'explosion venait de provoquer un énorme éboulis de terre mouillée. Toutes les lanternes ayant été brisées, les ouvriers se comptent dans l’obscurité. Joseph ROUILLER manque à l’appel. Son corps sera trouvé le lendemain, sous une couche de terre de 5 mètres d’épaisseur.
Le 27 août, Julien BRETEL fait jouer la pile d’une batterie électrique qui avait été disposée pour faire partir alternativement les mines de deux chantiers voisins. Il entend alors des plaintes venues du deuxième chantier. Il s’y rend et trouve Joseph DANET et Julien LAUNAY étendus au sol, gravement blessés. Les deux explosions s'étaient produites en même temps. Julien LAUNAY ne pourra pas survivre à ses blessures.
Le 25 mai, Joseph JOUAULT, manœuvre de 29 ans demeurant à Pont-Péan, se brise l’épaule en tombant d’une hauteur de 3 mètres à l'atelier de dézingage. Il lui faudra deux mois de repos.
Le 24 janvier, Victor KEYSSER, boiseur de 26 ans demeurant à Pont-Péan, se trouve dans la 13e cheminée du 37e niveau, profonde de 50 mètres. Il demande à l'ouvrier JAVAUDIN de lui descendre trois planches attachées à une chaîne. Elles s’accrochent en route et dans les secousses qu’on leur imprime pour les dégager, se détachent et tombent sur Victor KEYSSER, le blessant à l’épaule droite.
Le 15 juin, l’ouvrier MOUISEL monte à son chantier après une suspension de travail de deux heures. Arrivé au niveau de l’extrémité du tuyau d’aérage, du gaz s’enflamme à la lampe qu’il porte à son chapeau. Il tombe, mais peut saisir l’échelle un peu plus bas. Il souffre de brûlures et de contusions assez graves.
Le 13 mars, l’ouvrier NOUYER monte dans une cheminée pour y reprendre le travail qui avait été suspendu depuis vingt-quatre heures. Une inflammation de gaz se produit quand il approche du sommet, lui causant de graves brûlures.
Le 26 août, François SOHIER, mineur de 20 ans demeurant à la Maussonnière en Saint-Erblon, se noie dans le grand bassin à eau du puits du Midi.
Au mois de mai, les mineurs ANGEVIN et LOISEL, qui travaillent au 41e niveau, ont cinq mines à faire partir à la fois. ANGEVIN en allume deux, LOISEL trois, puis ils s’en vont. Mais Théophile ANGEVIN ne se hâte pas suffisamment et quand l’explosion se produit il est criblé de cailloux formant projectiles. La gravité de ses blessures nécessite son transport à l’Hôtel-Dieu de Rennes.
Le 16 septembre, une équipe de boiseurs consolide les cadres d’une galerie quand soudain se détache un énorme bloc de minerai qui brise et renverse tous les boisages. Félix LUCE, 28 ans, demeurant à l’Orguenais en Bruz, Julien VAILLANT, 38 ans, demeurant aux Cormiers en Saint-Erblon et Emmanuel SIMON, 27 ans, demeurant à la Chaussairie en Bruz, sont ensevelis. Pour porter secours à leurs camarades, Édouard LANDAIS et Frédéric FROGER n'hésitent pas à s'exposer à de sérieux dangers. Mais les trois corps ne pourront être retirés que le lendemain. Quelques mois plus tard, aux termes d'un rapport présenté par le ministre de l'intérieur et approuvé par le Président de la République, des médailles d'honneur seront décernées à Édouard LANDAIS et Frédéric FROGER.
Le 5 novembre, une explosion se produit à quatre heures du matin. Louis LEVEIL, mineur de 31 ans demeurant à l’Ardrais en Laillé, est tué sur le coup. Un autre ouvrier, Pierre HERVÉ, 27 ans, est grièvement blessé.
Au mois d'avril, un drame est évité de justesse. Onze ouvriers descendent dans une cage. Au lieu de s’arrêter au niveau où elle aurait dû s’accrocher pour permettre aux hommes de descendre, elle continue sa course à grande vitesse, les taquets d’arrêt n’ayant pas été placés. Les onze mineurs vont être plongés sous quatre mètres d’eau et se noyer. Deux d’entre eux, BEUCHET et ETESSE, s’élancent alors sur la sonnette qu'ils parviennent à tirer, provoquant ainsi la remontée de la cage.
Le 9 janvier, Jean-Marie FLAGEUL, chef monteur de 23 ans demeurant à Lorient, et Joseph-Marie LOGEAIS, manœuvre de 25 ans demeurant au bourg de Bruz, procèdent au montage du nouveau chevalement construit pour le compte de la maison Eiffel par la société métallurgique d'Onnaing. Par suite de la rupture d’un échafaudage, ils font une chute mortelle d’une hauteur de 22 mètres.
Le 22 août, Jean-Pierre MÉTAYER, charpentier de 29 ans demeurant chez ses parents à la Chaussairie en Bruz, pose avec un autre ouvrier la charpente d’une nouvelle construction de chaufferie. Par suite d’un faux mouvement, en plaçant une pièce de bois, ils tombent du troisième étage. Gravement blessé, Jean-Pierre MÉTAYER décèdera le 30 août au domicile de ses parents. Quant à l’autre ouvrier, il a pu saisir, dans sa chute, une poutrelle qui lui a sans doute sauvé la vie.
Le 21 mars, Jacques GALLAIS, manœuvre de 32 ans demeurant à Bruz, a le thorax pris entre deux wagonnets. Il est aussitôt remonté et des employés de la mine lui prodiguent les premiers soins, puis le conduisent chez lui, dans un état grave. Le docteur Denis n’ose pas se prononcer sur son sort, mais il survivra et reprendra même son travail à la mine.
Le 2 août, Jean-Marie GENDROT, mineur de 44 ans demeurant à la Blanchetais en Orgères, se fait descendre par les cages à une profondeur de 260 mètres. Pour se rendre à son poste de travail, il doit ensuite remonter seul, par des échelles, à une hauteur de 70 mètres. Du fond de la mine, un ouvrier entend alors un grand cri suivi d’un bruit de chute. Il s’empresse de courir dans la direction d’où le bruit était venu et découvre le corps de Jean-Marie GENDROT.
Le 26 septembre, Simon Marie MALTRET, mineur de 29 ans né à Poullaouen et demeurant à Pont-Péan, meurt écrasé par un éboulement.
Le 4 juin, en revenant à leur chantier après un coup de mine, les ouvriers GÉRARD et GENDROT remarquent que les flammes de leurs lampes s’allongent. Pour améliorer l’aérage, ils démolissent le petit plancher qu’ils avaient établi en travers de la taille et se retirent. Quand ils reviennent, une demi-heure plus tard, ils provoquent une explosion qui les brûle, l’un légèrement, l’autre gravement.
Le 24 avril, une violente explosion se produit dans une taille, brûlant assez sérieusement un ouvrier. Du gaz s’était accumulé en haut de la taille après un arrêt de l’aérage dû à une inondation.
Le 2 juin, le chef de poste TEXIER fait une chute en descendant par les échelles.
Le 18 mars, Pierre-Marie BUFFET, mineur de 41 ans demeurant à la Buterne en Laillé, meurt écrasé sous le balancier de la machine d’épuisement du puits des Députés, sous lequel il s’était avancé.
Le 5 mars, en montant du 24e niveau pour se rendre à son poste, l’ouvrier CADIOU voit la flamme de sa lampe s’allonger. Il essaye de renouveler l’air en agitant sa veste et recommence à monter. Quand il parvient près du sommet de la cheminée, une explosion se produit, le brûlant assez sérieusement au visage et aux mains.
Des accidents survenus à la mine (liste non exhaustive)
Les dangers de la mine
Éboulements, chutes dans les puits, explosifs, gaz inflammables, manœuvres des cages ou des wagonnets, de multiples dangers menacent constamment les ouvriers de la mine. À Pont-Péan, pas de catastrophe de l'ampleur de celles des grandes mines de charbon mais, à maintes reprises, la presse fait état d'accidents d'origines diverses, surtout quand ils sont mortels.