Sources :
• GUILPAIN, Élise – La Machine de Marly à travers l’histoire familiale des Vervin – Le Vieux Marly, Bulletin de la Société archéologique, historique et artistique de Marly-le-Roi – février 2004.
• LODIN, Arthur – Notice historique sur l'exploitation des mines de Pontpéan – Annales des mines – 1908.
• Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.
• Archives départementales des Yvelines.
Le 30 octobre, le marquis de Marigny écrit à Jean-François Védier :
« J’ay reçu, Monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en l’absence de M. Le Bret ; Je rendray compte au Roy de la célérité avec laquelle vous avez fait passer ses ordres au Directeur des Mines de Pompéan, au sujet du Sieur Vervin, qui est arrivé icy presqu’en même temps que votre lettre. J’ay l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »
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Le 5 octobre, en l’absence de l’intendant, c’est son subdélégué général, Jean-François Védier, qui transmet les ordres au directeur de la mine, Joseph de Beaumont. Jean Vervin et sa famille peuvent enfin quitter Pont-Péan, voyageant aux frais de la Direction générale des bâtiments du roi.
Le 1er octobre, le marquis de Marigny écrit à l’intendant de Bretagne, François-Xavier Le Bret :
« Le Roy m’a ordonné, Monsieur, d’avoir l’honneur de vous écrire, pour que vous veuilliez bien donner les ordres les plus prompts et les plus précis, à l’effet de faire partir, pour son service de la machine de Marly, un charpentier machiniste hydraulique, nommé Vervin, qui travaille aux mines de Pontpéan en Bretagne, son service étant absolument nécessaire à Sa Majesté pour la machine de Marly ; Elle compte qu’aussitôt que ma lettre vous sera parvenue, vous ferez ordonner audit Vervin de partir en diligence pour se rendre à Paris. Je suis bien flatté d’avoir cette occasion de vous témoigner les sentiments avec lesquels j’ay l’honneur d’être très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »
Le 30 août, Pierre Tirel vient à Pont-Péan pour tenter de convaincre les dirigeants d’autoriser son cousin par alliance à faire un voyage à Paris. Face à un nouveau refus, il demande à Jean Ango de faire appel au marquis de Marigny, directeur général des bâtiments du roi et frère de Madame de Pompadour.
Le départ pour la machine de Marly
Joseph Pâris-Duverney s'était adressé au Conseil du Roi pour provoquer la dissolution de la société minière. Le 23 juin 1761, le Conseil ordonne donc une expertise pour constater si la mine est encore en état de fournir du minerai susceptible d'une exploitation utile. Et la mine ne devra rester entretenue que le temps de cette visite…
Le 25 juin à Bougival, décède Pierre Prouvay, chef des charpentiers de la machine de Marly, cet engin colossal qui pompe l’eau de la Seine pour alimenter les bassins et fontaines des domaines royaux de Marly et Versailles. Jean Ango, oncle et ancien tuteur de Marie-Anne, use alors de ses relations pour que la place devenue vacante soit accordée à Jean Vervin. Mais les dirigeants de Pont-Péan refusent de le laisser partir, considérant sa présence nécessaire durant l'expertise qui vient d'être ordonnée. Ils évoquent, en contrepartie, de futurs avantages équivalents à ceux que lui procurerait ce poste à la machine de Marly. Ils menacent aussi de le faire arrêter, où qu'il soit, s’il tentait de quitter la mine. Mais Jean Vervin tient à cette place qui risque maintenant de lui échapper et prie Jean Ango de faire son possible pour la lui garder.
Trente-trois ans au service de la machine
Jean Vervin devient alors le charpentier principal de la machine de Marly, au service de laquelle il finira sa carrière. À la fin de l’année 1770, il obtiendra un congé de six mois pour revenir travailler à Pont-Péan, à la demande de la Compagnie de Poullaouen qui a repris l’exploitation de la mine. Il sera plus tard nommé inspecteur de la machine et son fils Pierre Marie, né à Bruz en 1758, le remplacera à la tête des charpentiers de la machine. Jean Vervin décèdera à Bougival, le 20 février 1794.
Le principal charpentier de la mine de Pont-Péan
Quelques mois après leur mariage, les époux arrivent en Bretagne où commencent les grands travaux d’assèchement de la mine de Pont-Péan. Jean Vervin travaille à la construction des machines de Pierre-Joseph Laurent, puis de celles d’Antoine-Joseph Loriot. Très expérimenté, il est le principal charpentier de la mine. Dans une lettre qu’il adresse à Joseph Pâris-Duverney en 1759, le capitaine des mines Lezer déclare même que « le sieur Loriot ne serait jamais venu à bout de ses machines sans les lumières et les idées que lui a fourni ledit Vervin ».
Une famille de charpentiers
Jean Vervin naît le 13 juillet 1724 à Heuillet-Cotton, en Champagne, où son père est charpentier. Devenu maître charpentier à Paris, il y épouse en février 1754 Marie-Anne Ango, qui a elle aussi grandi dans le milieu de la charpenterie : Jean Ango, son père décédé, était charpentier, ses oncles Jean (son tuteur) et Pierre Ango ainsi que son cousin Pierre Tirel sont maîtres charpentiers et son oncle Jacques Ango est « charpentier privilégié du roi ».
Jean Vervin, maître charpentier