L'article 9 des statuts autorise le conseil d'administration à procéder, dès la constitution de la société, à un emprunt hypothécaire jusqu'à concurrence de trois cent mille francs. Six cents obligations de cinq cents francs chacune sont ainsi émises en 1913. Elles sont garanties par une inscription d'hypothèque sur tous les biens présents et à venir de la société.
La société a pour objet l'industrie minière et l'industrie des produits chimiques sous toutes formes, tant en France qu'à l'étranger et notamment toutes entreprises et opérations minières, industrielles et commerciales ; l'extraction, l'achat, la vente et le traitement de tous minerais et alliages et de tous produits ; la construction et l'exploitation de toutes laveries, fonderies ou autres usines de traitement ou enrichissement de minerais ou produits chimiques, tant pour elle-même que pour le compte de tiers...
Des statuts établis le 1er mars 1912
Sur 12.000 actions de 100 francs chacune, 7.950 sont attribuées à Léon Delambre et 1.750 à la société Transmission, Transport et Traction, en représentation de leurs apports respectifs.
Les 2.300 actions restantes sont souscrites, dans des proportions diverses, par dix personnes.
Des actions signées Robert Forget et Léon Delambre
La Société des Minerais et Produits Chimiques de Pontpéan est fondée en 1912. Léon Delambre lui apporte les terrains, les bâtiments et le matériel. Il apporte aussi ses procédés de fabrication et le bénéfice des expériences qu'il a déjà effectuées pour traiter les minerais et fabriquer des produits chimiques et des superphosphates.
La société se constitue avec l'aide de Robert Forget, la société Transmission, Transport et Traction fournissant, au départ, le concours de ses services techniques, commerciaux et administratifs.
Extraits de cartes réalisées par
la chambre de commerce
de la circonscription de Rennes en 1910.
En 1910, Léon Delambre crée une usine de production d'acide sulfurique et de superphosphates. Elle est mise en service à l'automne. Selon la Chambre de commerce de la circonscription de Rennes, la force motrice développée par les moteurs à vapeur de Pont-Péan s'élève alors à cent dix-huit chevaux, la laverie occupe depuis déjà trois ans cent vingt à cent vingt-cinq personnes et la nouvelle usine emploie quarante ouvriers. Pourtant, au recensement de la population de 1911, à peine plus de cinquante personnes de Saint-Erblon et des communes voisines déclarent "avoir Delambre pour patron" ou travailler "aux mines de Pont-Péan". Mais en 1917 un article de l'Ouest-Éclair fait état d'environ cent cinquante ouvriers employés par les frères Delambre.
Les laveurs de minerai
Des essais pour soumettre à un nouveau traitement les boues des bassins de décantation ont lieu en 1905. Quatre cents tonnes de boues sont expédiées dans le Var pour y être analysées. Au vu des résultats, les frères Delambre décident d'installer une nouvelle laverie à Pont-Péan en 1907. Dans un premier temps, Léon et Georges sont uniquement des laveurs de minerai, comme l'avait d'abord été John Hunt au siècle précédent. Mais ils vont bientôt adjoindre une nouvelle usine à la laverie.
La Société des Minerais & Produits Chimiques
La nouvelle société réalise un emprunt hypothécaire par l'émission de 600 obligations.