L'accusation de sorcellerie, une manie de la famille Busnel ?
René Busnel, sieur de la Touche (en Louvigné-de-Bais) et de Grippé (en Cesson), l'homme que
la baronne affuble du sobriquet de Touche Grippe-Minau, est prévôt général de la maréchaussée
de Bretagne de 1602 à 1639. Son père, Jean Busnel, avait été pourvu en 1581 de la charge
de secrétaire du roi en la chancellerie près le Parlement de Bretagne. Jean Busnel avait ensuite
été lieutenant du duc de Sully en Bretagne, notaire évangéliste des États, puis connétable de
Rennes en 1595. Il avait reçu, en 1594, des lettres patentes anoblissant ses terres de Grippé et de la Méraudière (en Acigné), avec affranchissement des tailles et fouages, "parce qu'il s'était employé à la réduction de la ville de Rennes, aux assauts de Châteaubriant, Hennebont, Moncontour…" quand les guerres de la Ligue opposaient "huguenots et papistes".
En 1609, Jean Busnel avait accusé plusieurs hommes d'avoir attenté à sa vie par "art magique, invocations diaboliques et sortilèges". Jugés coupables de magie et de sorcellerie, ils avaient été condamnés à la "torture d'escarpins" pour qu'ils avouent les noms de leurs complices avant d'être pendus et étranglés à la potence, au grand Carroir [carrefour] du bout de Cohue [Halle, en breton Koc'hu] à Rennes – leurs corps devant ensuite être brûlés et réduits en cendres avec leurs livres et instruments de magie. Deux prêtres des environs de Vitré faisaient partie de ces suppliciés : André Marion, sous-curé de la paroisse de Vergeal, et Pierre Souvestre, recteur de celle de Saint-Aubin-des-Landes.