Poullaouen et Carnoët, deux paroisses limitrophes de l’évêché de Quimper.
En 1790, lors de la division du territoire national en départements et communes,
Poullaouen sera rattachée au Finistère et Carnoët aux Côtes-du-Nord.
Pour exploiter les mines de Carnoët, Yves du Liscoët avait alors investi des sommes considérables, recrutant en Grande-Bretagne un personnel expérimenté : le 18 juillet 1685, Thomas Morgain, un fondeur de mine de plomb qu’il avait fait venir du pays de Galles, décédait dans son manoir de Coëtmen [c’est bien Morgain qui est écrit sur l’acte de sépulture, mais il aurait peut-être fallu écrire Morgan].
Peu après, le 16 mars 1686, Yves du Liscoët décédait lui aussi, à 52 ans, sans avoir entrepris de travaux à Pont-Péan. La Cour avait ensuite envoyé quelques personnes à Pont-Péan en 1697, avec mission de juger si cette mine méritait attention…
Aurait-on profité d’indications fournies par les documents dérobés à la baronne ?
Yves du Liscoët, premier concessionnaire de la mine de Pont-Péan
L'exploitation de la mine de Pont-Péan a commencé près d'un demi-siècle avant cette réapparition publique du manuscrit du docteur de la Rüe. Pourtant, la présence d'un gîte métallifère était connue depuis bien plus longtemps, puisqu'en 1685 une première concession avait été accordée, pour dix ans, à Yves du Liscoët, sieur de Coëtmen en Bourbriac. Yves du Liscoët était déjà concessionnaire de mines, dans l’évêché de Quimper. Par lettres patentes du 12 août 1682, il avait été autorisé à ouvrir les mines d’étain et de plomb découvertes dans la paroisse de Carnoët et à les faire fouiller et travailler à son profit durant vingt ans.
Un inventaire que Nicolas Gobet attribue à la baronne de Beausoleil et son époux.
Le manuscrit du docteur de la Rüe
Au XVIIIe siècle, un médecin breton, le docteur de la Rüe, envoie, peu avant sa mort, la copie d'un ancien mémoire au minéralogiste Jean-Baptiste Romé de Lisle. Ce dernier la communique à Nicolas Gobet, historien et scientifique, secrétaire du conseil du comte d'Artois et garde des archives honoraire de Monsieur, le frère du Roi. Le manuscrit énumère les gisements miniers bretons. Pour Nicolas Gobet, ce ne peut être qu'une copie du relevé dérobé à la baronne durant son séjour à Morlaix. Il le publie en 1779 dans son ouvrage Les anciens minéralogistes du royaume de France.
Mines de Bretagne
Les mines répertoriées dans le manuscrit du docteur de la Rüe, en jaune, sont principalement situées en Basse-Bretagne, dans les évêchés de Quimper et de Tréguier.
Fond : Carte de Nicolas Sanson d'Abbeville, géographe du roi – 1650.