L'existence d'un portrait de la baronne de Beau-Soleil semble donc avérée, contrairement à celle de son époux. Pourtant, rien ne permet d'affirmer que ce portrait n'a pas depuis disparu car les courriels adressés aux services du château de Vincennes pour les questionner à ce sujet sont toujours restés sans réponse.
Le donjon du château de Vincennes, où Martine de Bertereau fut emprisonnée jusqu'à sa mort.
Un portrait de Martine de Bertereau à Vincennes ?
Le bulletin des musées de France de juin 1935 (7e année — n° 6) consacre ses pages 89 à 93 au musée historique du château de Vincennes. Il indique qu'un portrait de Martine de Bertereau est exposé au deuxième étage du donjon.
Une quatrième gravure, de 1702
Un autre livre, intitulé Histoire critique des pratiques superstitieuses, qui ont séduit les peuples & embarassé les sçavans, a paru en 1702. Son auteur, un prêtre oratorien du nom de Pierre Le Brun, y décrit un religieux de l'ordre des Prémontrés, tenant la baguette à la manière de Flandres. La gravure qui accompagne cette description montre que le quatrième baguettisant d'Excelsior ne peut pas non plus être le baron de Beausoleil.
Le portrait du baron de Beau-Soleil n'aurait-il existé que dans l'imagination de ce "Caldine" ?
Trois gravures de 1693
Pierre Le Lorrain, abbé de Vallemont, a publié en 1693 un traité intitulé La Physique occulte, ou Traité de la baguette divinatoire. Des gravures de Pierre Le Sueur y montrent les différentes manières de tenir la baguette, sans donner les noms des "baguettisants".
Excelsior a reproduit trois de ces gravures pour illustrer son article sur les sourciers. Le quatrième portrait d'Excelsior, légendé "sourcier XVIe siècle", ne figure pas dans le traité de l'abbé de Vallemont.
Trois gravures du traité de l'abbé
de Vallemont (édition de 1693).
Une gravure de l'ouvrage de
Pierre Le Brun (édition de 1702).
Excelsior ne donne pas l'identité des baguettisants
L'édition du 28 mars 1913 du quotidien Excelsior contient bien un article consacré à des expériences de "baguettisants" réalisées la veille, à Vincennes, devant des délégués du ministère de l'Agriculture. Quatre portraits de sourciers anciens illustrent l'article, avec pour légendes : "un sourcier au Moyen-Âge", "la baguette en fourche", "sourcier XVIe siècle" et "un sourcier hollandais". Mais le journal ne donne pas de précisions sur la provenance de ces portraits ni sur l'identité des personnages représentés.
Si "Caldine" déclare ignorer l'origine du "portrait de Beausoleil", il n'indique pas non plus lequel des quatre est celui du baron, ni comment il l'a reconnu…
Excelsior — 28 mars 1913.
La question d'un lecteur de La Chronique Médicale
En décembre 1929, dans le courrier des lecteurs du mensuel La Chronique Médicale, le docteur Marlier, de Château-Thierry, demande des renseignements sur la baronne et son époux.
"Je m'intéresse à deux personnages qui les premiers [1630] ont reconnu les propriétés et loué nos eaux médicales ferrugineuses de Château-Thierry : Martine de Bertereau et son mari, le baron de Beausoleil, précurseurs aussi de nos modernes baguettisants-sourciers. La baronne de Beausoleil, enfermée à Vincennes, y mourut en 1642. Son mari s'éteignit, prisonnier à la Bastille, en 1645. Je désire avoir quelques renseignements sur le procès de ce dernier et les circonstances de sa réclusion ; les archives de la Bastille, conservées à la bibliothèque de l'Arsenal, sont muettes à cet égard.
Je serais également très heureux de connaître des sources iconographiques donnant les portraits des deux personnages."
Une réponse signée Caldine
Un lecteur parisien, qui signe Caldine, répond au docteur Marlier dans l'édition du 1er mai 1930. Son courrier n'apporte aucune information biographique qui ne soit déjà connue, mais il indique l'existence d'un portrait supposé être celui d'un des personnages.
"Dans son Traité de la baguette, l'abbé de Vallemont donne de nombreux détails sur Beausoleil et sur Martine. L'édition hollandaise de 1728 est illustrée de leur portrait peut-être apocryphe. D'autre part, dans son numéro du 28 mars 1913, Excelsior donne quatre portraits de baguettisants anciens et parmi eux celui de Beausoleil ; mais je ne sais l'origine de ce document iconographique."
1913 — Les quatre baguettisants d'
Excelsior
Un portrait du baron ou de la baronne ?