Joseph Pâris-Duverney
(1684-1770)
(Détail d'un tableau de Hyacinthe Rigaud)
Joseph Pâris-Duverney, le financier
Joseph Pâris-Duverney (1684-1770) est le troisième des quatre frères Pâris qui, après l'échec du système monétaire de John Law, jouent un rôle financier prépondérant sous le règne de Louis XV. Il vient de couronner sa carrière en 1751 en obtenant, grâce à l'appui de la marquise de Pompadour, la création de l'École royale militaire dont il sera le premier intendant.
Sa participation financière à l'affaire de Pont-Péan, qu'il estime nécessaire pour le bien de l'État, est d'abord tenue secrète. Joseph Pâris-Duverney n'apparaîtra ouvertement qu'en 1755, quand la réussite de l'entreprise lui semblera certaine, mais il ne viendra jamais à Pont-Péan. Toutes les décisions seront prises dans ses bureaux de la rue Saint-Louis, à Paris.
Son neveu François Nugues, qui prend une part active à la relance de l'affaire, est le fils de Marthe Pâris, épouse de Joseph Nugues de Perratière. Il sera plus tard l'héritier de son cousin Armand-Louis Pâris dont le père, Jean Pâris de Montmartel, est Garde du Trésor Royal et parrain de Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour...
Deux châteaux à Bruz
Le 18 septembre 1754, François Marigner achète, au nom de la société, la terre et seigneurie de Carcé, avec les fiefs et droits qui en dépendent, au prix de 55.000 livres.
C'est aussi en 1754, le 16 novembre, que Mme Danycan achète, pour 53.000 livres, le château du Vau-Gaillard à Bruz. Elle a, dit-elle, "besoin d'être logée commodément à portée des travaux qui se font sur sa mine du Pompéan et de l'exploitation qui s'en suivra". La vente comprend aussi la terre et seigneurie de Pan avec ses métairies (Fenicat, Pan).
Une entreprise coûteuse en quête de capitaux
Une exploitation minière exige des travaux importants et coûteux avant de devenir rentable. Mme Danycan n'a pas les moyens d'assurer seule la poursuite des travaux à Pont-Péan. Il lui faut réunir des capitaux au sein d'une société en nom collectif. En avril 1754, elle s'associe à François Nugues, un ancien lieutenant-colonel du régiment de cavalerie Royal-Roussillon, qui doit avancer les sommes nécessaires. Ce dernier sollicite la participation de son oncle Joseph Pâris-Duverney, l'un des plus célèbres et des plus riches financiers du royaume. Joseph Pâris-Duverney, qui fait appel à Pierre-Joseph Laurent pour assécher la mine et en assurer la rentabilité, est bientôt chargé de la conduite entière de l'affaire, conjointement avec un autre de ses neveux, Jean Baptiste Pâris de Meyzieu (qui apportera sa contribution à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert).