Un second syndicat est constitué, à l’instigation du directeur, Léon Maudet, pour tenter de concurrencer le premier. C’est le « Syndicat général des Mines de Pontpéan ».
Le journal L'Avenir de Rennes annonce que le syndicat compte déjà huit cents membres. Un an plus tard, il en comptera neuf cent cinquante, puis commencera à s'amenuiser.
Une réunion générale des mineurs déclare la grève terminée, le préfet ayant obtenu que la Compagnie revienne sur l’ordre de changement de poste de l’ouvrier.
Une copie des statuts du syndicat est adressée au procureur général et au procureur de la République.
Malgré l'accord, le travail ne reprend pas. La Compagnie avait promis de faire afficher la transaction intervenue devant le juge de paix René Cuault. Au lieu de cela elle fait écrire des placards à la main par ses employés. À la demande du préfet, des affiches imprimées sont alors apposées dans les communes où résident les ouvriers (Bruz, Saint-Erblon, Laillé, Chartres et Orgères). De plus, la Compagnie empêche un des meneurs de la grève de descendre à son poste, sous prétexte qu’il a une blessure à la jambe. Mécontents, tous ceux qui avaient repris le travail quittent aussitôt la mine. Dans la nuit, le chemin de fer à voie étroite qui conduit au port de Carcé est coupé en cinq endroits.
À la seconde réunion de conciliation, les délégués de la Compagnie acceptent de majorer le prix de roulage, mais repoussent l’idée d’un salaire minimum. D’autre part, la délégation ouvrière prie le préfet de surveiller étroitement la caisse de secours de la mine dont la constitution a pris du retard. À la demande du préfet, les statuts relatifs à cette caisse de secours devront donc être bientôt arrêtés et affichés sur les lieux de travail. Le syndicat est créé. Il est dénommé « Chambre syndicale des ouvriers et manœuvres de la mine de Pontpéan », a son siège social à Bruz et adhère aussitôt à la Bourse du Travail. Les ouvriers chargent leurs cinq délégués d’en élaborer les statuts et de remplir les formalités légales.
À la réunion du comité de conciliation, chacune des parties est représentée par cinq délégués. Quoique le mandat des délégués ouvriers soit revêtu de la signature de trois cents de leurs camarades, le président du conseil d’administration émet des doutes sur la valeur de ce mandat. Il demande, avant d’aborder la discussion, que chaque signature soit légalisée par le maire du domicile du signataire. Et quand cette formalité sera remplie, il se réserve encore le droit d’apprécier si le nombre de signatures représente d’une façon suffisante les ouvriers employés à la mine. La délégation ouvrière s’engage à remplir cette formalité avant une nouvelle réunion.
Un fil télégraphique est coupé à huit cents mètres de la mine.
Des réunions ont lieu à Bruz et Laillé, avec l’avocat socialiste Eugène Malapert et Jules Maniez, qui avait été l’un des délégués rennais au congrès fondateur de la CGT à Limoges, en 1895. On y désigne les délégués ouvriers qui se rendront à la réunion de conciliation.
Les ouvriers se refusent à reprendre le travail avant d’avoir constitué un syndicat. Ils consentent toutefois à demander au juge de paix du canton la convocation d’un comité de conciliation. La même demande est faite par la Compagnie.
Les délégués ouvriers accueillent favorablement les propositions patronales, sous réserve de l’approbation de leurs camarades et à condition que l’accord soit revêtu de la signature du préfet. Quelques heures plus tard, le directeur avertit le préfet qu’il a agi sans l’assentiment de son conseil d’administration qui ne semble pas vouloir le suivre dans la voie des concessions accordées.
Le préfet vient à la mine. L’examen des feuilles de paye suffit à le convaincre du bien fondé des réclamations des rouleurs. Il s'entretient alors avec le directeur qui établit un projet de relèvement des tarifs. Dans une réunion plénière à Laillé, les ouvriers décident de constituer un syndicat pour être à même de faire valoir leurs revendications.
Les rouleurs refusent de reprendre le travail. 495 mineurs sur 520 suivent leur exemple. Des délégués se rendent chez le préfet pour solliciter son intervention en vue d’une entente amiable. Ils font aussi appel aux dirigeants de la Bourse du Travail de Rennes dans l'intention de créer un syndicat.
Les ouvriers rouleurs, au nombre de 205, constatent, en passant à la paye, que la moyenne des salaires a été abaissée pendant le mois d’avril et en réclament le relèvement.
La grève de 1896 et la constitution d'un syndicat
Les ouvriers s’insurgent contre le mode de calcul et de paiement des salaires et amendes, ainsi que contre l’emploi de machines venues de Dresde et montées par des ouvriers allemands. De plus, pour construire une fonderie, des Français sont placés sous les ordres de contremaîtres allemands et refusent de leur obéir. Les ingénieurs allemands se réfugient à Rennes et, pour assurer le maintien de l'ordre à la mine, huit gendarmes viennent renforcer la brigade de Bruz. Le travail est arrêté du 12 au 16 octobre mais, faute d'être syndiqués, les grévistes n'obtiennent pas entière satisfaction.
Pour protester contre l’insuffisance de leurs salaires, les rouleurs de wagonnets, au nombre d'une centaine, refusent de descendre, entraînant avec eux l’ensemble du personnel. La grève dure dix jours, durant lesquels deux gendarmes restent en permanence sur la mine pour maintenir l'ordre en cas de besoin.
Pendant trois jours, une vingtaine de manœuvres refusent de descendre, par suite d’une augmentation du nombre quotidien de wagonnets à rouler. Quelques grévistes se livrent à des voies de fait envers d'autres manœuvres dans le but de les empêcher de travailler.
Les premières grèves
Des revendications, soit salariales, soit relatives aux conditions de travail s'élèvent à plusieurs reprises dans les dernières années du XIXe siècle, facilitées par l'évolution de la législation française : le droit de grève est instauré en 1864 et la liberté syndicale en 1884.
Vue panoramique des mines de Pont-Péan (Le Patriote de Bretagne du 8 août 1896).
Les mouvements revendicatifs