L'annonce publiée le jeudi 9 juin 1904 dans "L'Écho des Mines et de la Métallurgie".
2 avril 1904, le samedi noir
Le 2 avril 1904, un violent afflux d'eau, d'environ cinq mille litres par minute, survient dans les profondeurs de la mine. La situation est d'autant plus grave que la machine d'épuisement du puits du Midi, éboulé en 1899, a été récemment envoyée à Poullaouen. Des pompes électriques ont été commandées, mais leur mise en service n'était prévue que le 1er juillet. Les travaux inférieurs sont rapidement noyés. L'eau monte dans les puits et envahit les galeries. Les pompes ne suffisent plus et, le 12 avril, il faut suspendre l'extraction du minerai pour remplacer les cages par des bennes à eau. À la fin d'avril, la venue d'eau est un peu maîtrisée par des barrages. L'une des cages est alors remise en service, ce qui permet de commencer le logement des pompes électriques dont on projetait l'installation. Néanmoins, en l'absence de ces nouvelles pompes, l'extraction ne peut pas reprendre. La suspension des travaux du fond entraîne le chômage de la laverie et les deux tiers des ouvriers sont congédiés.
La mise en vente
Une assemblée générale extraordinaire se tient le 16 mai. Les ressources financières de la société sont épuisées. Pour assurer la poursuite des travaux, le conseil d'administration tente de faire voter un nouvel apport de capital de 400.000 francs. Mais les actionnaires décident la mise en liquidation amiable.
La mine, avec ses dépendances, "en fonds et superficies", est mise en vente un mois plus tard. La "plus grande publicité" est faite, tant en France qu'à l'étranger, pour parvenir à cette vente. L'annonce est publiée dans la presse spécialisée, des circulaires sont adressées à toutes les banques, aux sociétés financières et à tous les industriels d'Europe susceptibles de s'intéresser à l'affaire.
En 1904, le puits de la République atteint la profondeur de 595 m. Il est surmonté d'un chevalement Eiffel, la "Grande Chèvre". Un grand bâtiment en bois abrite la machine d'extraction, une machine à vapeur que L'Écho des Mines et de la Métallurgie déclarait, en 1893, la plus puissante construite jusqu'alors en Europe. Mais la machine Cockerill d'épuisement des eaux, commandée par Charles Éloy en 1880, est en service depuis 1881 et travaille maintenant au maximum de ses capacités.
Des moyens d'épuisement vétustes
Le puits principal est équipé d'une machine d'extraction toujours performante, mais d'une machine d'épuisement qui a perdu de l'efficacité avec l'approfondissement des travaux.
"La mine de Pontpéan possède depuis 1880 une pompe d'épuisement de la force de 800 chevaux. Cette machine à vapeur, véritable mastodonte d'acier, est placée au-dessus du puits central et peut fonctionner jusqu'à 500 mètres de profondeur…"
L'Ouest-Éclair — 23 avril 1904
La mine et ses dépendances, mises en vente aux enchères publiques.