Deux photos aimablement communiquées par Philip de Jersey, archéologue en chef de Guernesey [Guernsey Museum and Art Gallery]
• John Walter Lukis, élève puis gendre de John Hunt
John Hunt parcourt ensuite le Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud et la Tasmanie, donnant son avis sur la nature et l'importance des ressources minérales de ces colonies britanniques de l'Est australien. L'expérience acquise pendant plus de trente-cinq ans dans les mines de Sark, Pont-Péan et Porthleven, lui a conféré dans les colonies britanniques d'Australie un statut d'expert en matière minière.
Le 27 mai 1876, il meurt à Richmond, un faubourg Est de Melbourne.
Geelong - Australie
Le 20 juillet 1868, John Hunt embarque à Londres à bord du clipper Norfolk, une frégate Blackwall en partance pour Melbourne sous le commandement du capitaine Bryant Tonkin. À son arrivée, le 8 octobre, John Hunt n'est pas accueilli comme un immigrant ordinaire. Sa réputation l'a précédé et la presse australienne salue sa venue. Son dernier modèle de machine à laver l'or est breveté à Melbourne le 7 décembre et il veut en faire lui-même la promotion et la commercialisation. Le 2 mars 1869, le quotidien The Argus, de Melbourne, lui consacre un article qui se termine ainsi : "Si la machine de M. Hunt accomplit tout ce dont on la dit capable, elle sera d'une grande importance pour le lavage des boues de cette colonie".
John Hunt s'installe à Geelong, une ville portuaire de la baie de Port Phillip, proche de Melbourne et des mines d'or de Ballarat. Il fait aussitôt imprimer par Frank Pinkerton, à Ballarat, un livret de dix pages décrivant sa machine. Il organise aussi des séances de démonstration à la fonderie Humble de Geelong. Au mois de septembre 1869, il reçoit déjà des commandes de toute la colonie de Victoria.
Le 5 juillet 1866, le journal néo-zélandais The Grey River Argus se fait l'écho d'un article du Mining Journal anglais vantant les performances de la dernière machine de John Hunt. Elle peut non seulement traiter avantageusement les matières pauvres en minerai, mais elle est désormais si élaborée qu'elle dépose le minerai de meilleure qualité dans un premier compartiment, celui de seconde qualité dans le suivant, et ainsi de suite. La machine, qui a été brevetée, devrait être bientôt utilisée dans les champs aurifères du Canada ainsi que dans les colonies britanniques de Nouvelle-Zélande et d'Australie.
Geelong — Colonie de Victoria — dernier lieu de résidence de John Hunt
Porthleven - Cornouailles
Peu après son retour en Grande-Bretagne, John Hunt s'établit en Cornouailles où il reprend l'exploitation de la mine de plomb argentifère de Wheal Penrose, à Porthleven. Il commence, en 1859, par laver les déchets délaissés par les anciens exploitants puis, en 1863, s'associe à l'imprimeur Richard John Cunnack pour relancer l'extraction.
John Hunt s'intéresse toujours au traitement de l'or, mais aussi à celui des pierres précieuses. Il continue à perfectionner ses machines, qui sont maintenant connues dans les colonies de l'Empire britannique.
• Saint-Malo, port d'exportation des minerais de Pont-Péan
Quand l'exploitation souterraine de la mine de Pont-Péan reprend, en 1852, John Hunt fait d'abord curer les anciens puits et galeries. Il récupère ainsi une grande quantité de blende qui, au XVIIIe siècle, avait servi de remblai, les anciens exploitants n'ayant pas soupçonné la présence d'argent dans ce sulfure de zinc.
Le minerai n'est pas traité sur place. Jusqu'en 1855 il est embarqué à Saint-Malo et livré aux fonderies britanniques de Tamar, Combe Martin et Newcastle. En 1855 la société se transforme en Société en commandite des Mines de Pontpéan. John Walter Lukis part en Auvergne et John Hunt rentre un peu plus tard en Grande-Bretagne. La galène est alors envoyée à Rouen et la blende à Swansea où Lewis Llewelyn Dillwyn commence à traiter le minerai de zinc, appliquant une "méthode secrète" pour en extraire l'argent. Pendant près de vingt ans, des boues argentifères de Pont-Péan vont être expédiées aux fonderies galloises de Swansea.
• La ruée vers l'or
La seconde machine présentée à l'exposition par John Hunt est un appareil portable destiné au lavage des sables aurifères.
La ruée vers l'or a débuté en 1848, attirant des dizaines de milliers d'immigrants en Californie. Une seconde vague de prospecteurs venus du monde entier va bientôt déferler sur l'Australie, où l'on découvre de l'or à Bathurst en février 1851, puis à Ballarat en août.
John Hunt présume que sa "machine à laver l'or" sera d'une grande utilité pour beaucoup de ces prospecteurs, non seulement en allégeant leur travail, mais aussi en augmentant considérablement leurs gains.
Cette machine, que John Hunt a conçue à Pont-Péan, est brevetée en Grande-Bretagne le 16 juillet 1852. Elle figure à la une du Mechanics' Magazine du 18 décembre suivant.
• Des machines de plus en plus performantes
John Hunt va constamment améliorer l'efficacité de ses machines et déposer de nouveaux brevets, d'abord en Grande-Bretagne, puis en Australie. Il présentera de nouvelles versions de ses "machines à laver l'or" à l'Exposition universelle de Paris, en 1855, puis à celle de Londres, en 1862.
• La Grande Exposition de 1851
À Pont-Péan, jusqu'à la constitution de la société à capitaux majoritairement guernesiais de 1851, les travaux n'ont lieu qu'en surface. Le lavage des déchets permet à John Hunt d'acquérir une grande expérience dans le traitement des minerais pauvres et glaiseux et de mettre au point des machines de plus en plus perfectionnées.
1851, c'est aussi l'année de la première exposition universelle, la "Grande Exposition des Œuvres de l'Industrie de toutes les Nations", qui se déroule à Londres du 1er mai au 11 octobre. John Hunt y présente deux machines.
La première est une machine permettant un lavage rapide et économique des minerais glaiseux. Le catalogue de l'exposition précise que c'est essentiellement grâce à cette machine que John Hunt a pu retirer près de 550.000 francs des rebuts de l'ancienne mine de Pont-Péan qui contenaient encore des minerais de plomb et d'argent.
John Hunt dirige l'exploitation de Pont-Péan avec John Walter Lukis, un Anglo-Normand féru d'archéologie et de géologie. John Walter Lukis, qui est né à Guernesey le 12 mars 1816, a quitté l'école à quinze ans, préférant apprendre "sur le tas". C'est John Hunt qui le forme et lui transmet, à Pont-Péan, ses connaissances minières. Le 17 août 1855, à l'ambassade britannique de Paris, John Walter épouse Harriet Harding Hunt, la fille aînée de John Hunt. Six mois plus tard, les "jeunes mariés" sont en Auvergne, où John Walter a été engagé par la Société Anonyme des Mines de Plomb Argentifère et des Fonderies de Pontgibaud. Leur fils Walter John (Ernest du Bois à son baptême) naît à Pontgibaud le 1er juin 1856.
John Walter quitte Pontgibaud au début de l'année 1857 et travaille jusqu'en 1859 pour la Compagnie des Mines et Fonderies d'Allemont, en Isère. En 1861, il s'associe à Frédéric Long, un notaire de Saint-Firmin, dans les Hautes-Alpes, pour créer la Compagnie des Mines du Valgodemard, une société en commandite par actions dans laquelle il est ingénieur-gérant. John Walter dirige alors, de 1862 à 1867, la mine du Roux à Saint-Maurice-en-Valgodemard. Le minerai est voituré jusqu'à Marseille, à plus de deux cents kilomètres, puis expédié à Swansea.
En 1872, la famille s'établit à Cardiff, dans le pays de Galles, où John Walter travaille pour la fonderie Bath & Sons. Elle revient en Bretagne en 1877, à Saint-Fiacre en Plourin-lès-Morlaix. John Walter s'adonne alors essentiellement à l'archéologie (sa demande en concession des mines du Huelgoat du 12 avril 1883 est rejetée le 1er février 1886). À la mort d'Harriet, en 1894, il rentre définitivement à Guernesey et y décède le 24 novembre.
Pont-Péan - Bretagne
En 1842, John Hunt quitte Sark pour Pont-Péan. Il a l'intention d'y laver les rebuts de l'ancienne mine à l'aide de machines à secousses qu'il a lui-même inventées. Sa famille vient vivre à Rennes.
Sark - Îles anglo-normandes
John Hunt naît à Chiselborough, dans le Somerset, le 31 janvier 1807. Le 30 octobre 1831, il épouse Mary Harding, du village voisin de Middle Chinnock et leur première fille, Harriet, naît en 1832.
Jusqu'à la découverte de gîtes métallifères dans les îles anglo-normandes, la famille semble résider à Lynsted, dans le Kent. Elle s’installe alors à Beauregard, sur l’île de Sark où John Hunt a obtenu, en 1834, l'autorisation d'ouvrir des mines. Une seconde fille, Mary, puis un garçon, John, naissent sur l’île.
John Hunt de Chiselborough