1721
25 octobre : Décès de Marguerite Chantoiseau de Presclos, épouse du richissime armateur et négociant malouin Noël Danycan, sieur de l’Épine.
1722
Noël Danycan se remarie à sa maîtresse, Hélène Victoire Maget, avec qui il a déjà eu trois enfants, et s’installe avec elle à Paris. Il a soixante-cinq ans, elle en a vingt-huit.
• Compagnie des mines de Bretagne (société de Noël Danycan, sieur de l'Épine)
1727
28 novembre : Noël Danycan fonde la Compagnie des mines de Bretagne.
1730
11 février : Le duc de Bourbon accorde à Noël Danycan la concession des mines de Bretagne et du Bourbonnais, à l’exception de celles de la région de Carhaix (concession déjà attribuée à Hubert de la Bazinière).
1731
• Février : Première inspection de la mine par Joachim-Anne Blain de Saint-Aubin, envoyé par l’intendant, et François Kair de Blumenstein, envoyé par le contrôleur général des finances. Une grande excavation a été ouverte près de la Seiche, ce qui provoque inondations et éboulements. Le premier directeur, Thomas Harrington, sieur de la Corderie, est un petit-fils de Catherine Danycan, une tante de Noël. Il est issu d’une noble famille anglaise (les titres nobiliaires de la famille Harrington, confiés au procureur Le Gué, avaient brûlé dans l’incendie de Rennes en 1720, mais leur noblesse avait été reconnue en 1727) et néophyte en art des mines.
• 22 mai : Louis XV confirme la concession.
1733
Octobre : Seconde inspection par Joachim-Anne Blain de Saint-Aubin. Des Allemands et Anglais expérimentés sont arrivés trois mois plus tôt et forment des gens du pays. La mine emploie plus de quatre-vingts mineurs au fond et trois cents ouvriers en surface. Cinq puits ont été foncés, équipés chacun d’une machine à élever l’eau, dite « pompe des prêtres » (Machines et inventions approuvées par l’Académie Royale des Sciences). On leur a adjoint deux « machines angevines ».
1735
• 8 mai : Décès à Paris de Noël Danycan.
• Planches de Christophe-Paul de Robien.
1738
• Mai : Arrivée de Claude-Thomas Dupuy, ancien intendant de la Nouvelle France, qui a consacré les dernières années de sa vie à la construction de machines hydrauliques. Il commence la modification de la machine du puits de Bicêtre.
• 17 septembre : Décès de Claude-Thomas Dupuy au château de Carcé, siège de la direction de la mine. Son élève, Antoine de Genssane, vient achever l’installation de la machine de Claude-Thomas Dupuy, qui se termine en novembre. Dans l’Encyclopédie, la machine de Claude-Thomas Dupuy sera présentée comme « l’une des plus belles machines d’Europe pour élever les eaux ». L’invention, perfectionnée par Antoine de Genssane et établie sur le puits de Bicêtre et sur le puits allemand, sera approuvée par l’Académie Royale des Sciences en 1741.
1740
• Juillet : Inspection des machines par Daniel Chocat de Grandmaison, inspecteur des travaux de la ville de Rennes, qui écrit que les pompes de feu M. Dupuy « ont été établies et ajustées dans leur perfection par le sieur Genssane ».
• Septembre : Dissolution de la société créée par Noël Danycan. Décision homologuée par un arrêt du 17 juillet 1741.
• Société des mines de Pontpéan (société d'Hélène Victoire Maget, veuve de Noël Danycan)
1745
27 août : Concession adjugée à Maître Roussel, qui agit pour le compte d’Hélène Victoire Maget. Adjudication confirmée par un arrêt du 25 janvier 1746. Reprise de l’exploitation.
1752
• 17 juillet : Pierre-Joseph de Rivaz signe une convention avec Mme Danycan, par laquelle il s’engage à assécher la mine et à la maintenir en état.
• 29 juillet : Pierre-Joseph de Rivaz arrive à Pont-Péan. Il commence la construction d’une machine hydraulique à Pan, le 10 août. (En 1758, Pierre-Joseph de Rivaz sera cité en exemple par Jean-Jacques Rousseau dans sa Lettre à M. d’Alembert sur son article Genève.)
1754
• Avril : Mme Danycan cède une partie de ses droits et possessions à François Nugues, neveu de Joseph Pâris-Duverney (grand financier de Louis XV) qui va financer l’affaire et en prendre la conduite.
• Juillet : Arrivée de Pierre-Joseph Laurent qui va établir trois sortes de canaux :
◊ canal de dérivation (de la Seiche, 1600 m de long)
◊ canaux d’adduction (de l’eau qui fait mouvoir les machines hydrauliques, venant d’une retenue de 130 ha créée sur la lande de Teslé et du Moulin du Bois)
◊ canal de décharge (pour évacuer jusqu’à la Seiche les eaux qui alimentent les machines et celles qui sont extraites de la mine).
Établissement de machines hydrauliques permettant à la fois de pomper l’eau et de monter le minerai (machines décrites dans l’Encyclopédie comme étant « les plus parfaites »).
Pierre-Joseph de Rivaz rentre bientôt à Paris, évincé par Pierre-Joseph Laurent.
• 18 septembre et 16 novembre : Achat par la société de la terre et seigneurie de Carcé, du château de Vau-Gaillard (où va habiter Mme Danycan) ainsi que de la terre et seigneurie de Pan avec ses métairies.
1755
29 novembre : Pierre-Joseph Laurent informe l’intendant de son succès.
1756
Août : Louis XV anoblit Pierre-Joseph Laurent pour le récompenser des services rendus à l’État.
1757
Mai : Arrivée d’Antoine-Joseph Loriot qui met au point une machine qui permet à la fois de laver et trier le minerai (machine approuvée par l’Académie Royale des Sciences en 1761). Il tente aussi de moderniser la laverie, la fonderie et l’extraction. Des difficultés imprévues entravent la bonne marche de l’entreprise et provoquent la colère du personnel, qui craint des suppressions d’emplois, et d’une partie de la direction.
1760
26 janvier : Antoine-Joseph Loriot rentre à Paris.
1761
• 23 juin : Joseph Pâris-Duverney ayant demandé la dissolution de la société, un arrêt du Conseil d’État du Roi ordonne que deux experts fassent d’abord une visite de la mine.
• 1er octobre : Courrier du marquis de Marigny, directeur général des bâtiments du roi et frère de Mme de Pompadour, à François-Xavier Le Bret, intendant de Bretagne, pour donner les ordres à l’effet de faire partir immédiatement pour la machine de Marly le principal charpentier de la mine, Jean Vervin, « son service étant absolument nécessaire à Sa Majesté ».
• 24 octobre : Début d'expertise par Jean-Pierre-François Guillot-Duhamel et M. Jamin.
1762
15 juillet : Fin de l'expertise de Jean-Pierre-François Guillot-Duhamel et M. Jamin.
1763
27 septembre : Arrêt ordonnant la fermeture de la mine et sa mise en adjudication.
• Compagnie des mines de Basse-Bretagne (Huelgoat, Poullaouen)
1765
• 6 juillet : Rachat de la mine par la Compagnie des mines de Basse-Bretagne, qui exploite les mines de Poullaouen et Huelgoat (évêché de Quimper).
• La colonie bretonnante : des mineurs de la région de Carhaix viennent travailler à Pont-Péan où ils fondent, en bordure de la route de Nantes, un hameau ouvrier nommé « Le Château-Noble ». Ils ne parlent que breton et vont garder durant plus d’un siècle leurs costumes et leurs coutumes.
1768
Achèvement de la remise en état des anciens puits et galeries.
1771
Inondation exceptionnelle de la mine.
1779
Nicolas Gobet publie un livre dans lequel il attribue la découverte de la mine de Pont-Péan à la baronne de Beau-Soleil et à son époux.
1784
Pour se procurer un supplément d’eaux motrices, François Blavon-Duchesne commence à creuser une rigole de vingt kilomètres, de Corps-Nuds au grand étang de Teslé, à Pont-Péan, la rigole de l’Ise.
1792
• À partir de 1792 : Machines hydrauliques à bout de souffle et travaux du fond noyés plusieurs mois par an.
• 3 septembre : Julien-Hyacinthe Marnière de Guer, l’un des associés de la compagnie est inscrit sur la liste des émigrés. Sa part (de 4/22) dans la mine de Pont-Péan va être confisquée.
1793
À partir d'octobre : Développement de la chouannerie et mine gardée par la troupe. Approvisionnement difficile. Plomb réquisitionné pour les arsenaux de la marine et payé en assignats.
1794
Ouverture du puits de la République.
1796
Décision d’abandonner l’exploitation.
1797
• 10 février : La compagnie rachète la part de Julien-Hyacinthe Marnière de Guer.
• 9 décembre : Arrêté ministériel acceptant la renonciation à la concession.
1798
30 septembre : Vente des terrains et installations de la mine, ainsi que de tout le bois des puits et galeries à Charles Mondehair de la Galonnais, négociant en soie et tissus à Rennes, et François Jugan. Peu après, Charles Mondehair en devient l’unique propriétaire.